Immobilier
1/10/2026

Suppression de l'amortissement LMNP en 2026 : ce que la réforme change vraiment

Entrepreneur dans l'âme et passionné d'investissement immobilier, Jérôme a fondé Wexeor avec une conviction : les investisseurs exigeants méritent un véritable cockpit de pilotage, pas un énième tableur. Il porte la vision du produit et son exigence — transformer chaque investisseur en CEO de son patrimoine.

Illustration editoriale — Suppression de l'amortissement LMNP au 1er janvier 2026 : ce que la réforme change concrètement
En bref

Il n'y a pas de suppression pure et simple de l'amortissement LMNP au 1er janvier 2026. Ce qui a changé, depuis la loi de finances 2025, c'est que les amortissements déduits pendant la location sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente, pour les cessions à compter du 15 février 2025. Concrètement : vous continuez d'amortir et de déduire pendant la détention, mais votre plus-value taxable grimpe à la sortie.

Vous avez un ou plusieurs meublés au régime réel, un amortissement qui écrase votre imposition sur les loyers depuis des années, et depuis quelques mois la même phrase revient partout : « l'amortissement LMNP est supprimé en 2026 ». Vous vous demandez si votre montage tient encore, ce que ça change sur ce qui tombe réellement sur votre compte, et surtout si vous devez arbitrer avant de vendre. Réponse nette d'entrée : la suppression de l'amortissement LMNP en 2026 telle qu'on la raconte n'existe pas dans les textes officiels. Ce qui existe, et c'est déjà en vigueur, c'est autre chose — et ça se joue au moment de la revente.

La vraie réforme LMNP 2026 : pas une suppression, une réintégration à la revente

Le raccourci « suppression amortissement LMNP » a fait fortune parce qu'il fait peur. La réalité est plus précise, et franchement plus sournoise pour qui n'anticipe pas.

Jusqu'ici, le loueur meublé au réel bénéficiait d'un double avantage : il déduisait chaque année un amortissement du bien (murs, mobilier, travaux) qui venait effacer tout ou partie de ses loyers imposables, et ces amortissements n'étaient pas repris dans le calcul de la plus-value à la revente. Autrement dit, vous baissiez votre valeur nette comptable pendant dix ans sans jamais le « payer » au moment de vendre. Un angle mort fiscal que le législateur a fini par fermer.

Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements pratiqués pendant la période de location sont pris en compte dans le calcul de la plus-value imposable. La doctrine fiscale (BOFiP) précise que cette réintégration des amortissements LMNP s'applique aux cessions de biens meublés intervenues à compter du 15 février 2025. La réforme est donc déjà là depuis 2025 — 2026 n'est pas une date de bascule, c'est l'année où beaucoup de propriétaires découvrent la mesure en la préparant.

Ce que ça change concrètement sur votre plus-value LMNP

Le mécanisme est simple à comprendre une fois posé. La plus-value immobilière des particuliers se calcule, en gros, comme la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition (majoré de certains frais). Avant la réforme, ce prix d'acquisition restait intact quels que soient les amortissements passés. Désormais, les amortissements déduits viennent réduire le prix d'acquisition retenu — ce qui mécaniquement augmente la plus-value taxable.

Prenons un ordre de grandeur. Vous achetez un studio meublé 200 000 €. Vous le louez douze ans au réel et vous amortissez, disons, 60 000 € sur la période (murs, mobilier, quelques travaux). Vous revendez 250 000 €.

  • Ancien régime : plus-value brute = 250 000 − 200 000 = 50 000 €.
  • Nouveau régime (cession après le 15 février 2025) : les 60 000 € d'amortissements réintégrés ramènent la base d'acquisition à environ 140 000 €, soit une plus-value brute de l'ordre de 110 000 € avant abattements pour durée de détention.

Le différentiel d'assiette est de 60 000 €. À vous de mesurer, selon votre durée de détention et les abattements applicables, ce que ça représente en impôt réel à la sortie. L'important : l'avantage que vous captiez pendant la détention se paie, en partie, le jour où vous vendez. Les abattements pour durée de détention continuent de jouer, ce qui reste favorable aux détentions longues — mais l'angle mort est comblé.

Le régime LMNP n'est pas supprimé : ce qui reste en place

Pour couper court à la panique ambiante : le régime LMNP en lui-même n'est pas supprimé en 2026 dans les textes officiels disponibles. Vous pouvez toujours relever du micro-BIC ou du régime réel selon votre niveau de recettes et votre intérêt fiscal. Les règles d'accès au statut de loueur meublé restent en vigueur.

La déduction d'amortissements pendant la détention n'a pas disparu non plus. Au régime réel, vous continuez d'amortir votre bien, votre mobilier et vos travaux, et donc de réduire vos loyers imposables année après année. Ce qui change, c'est uniquement le traitement de ces amortissements à la revente. Distinguez bien les deux temps : la détention (avantage maintenu) et la cession (avantage désormais rattrapé).

Attention en revanche à ne pas confondre cette réforme avec les propositions de plafonnement de l'amortissement LMNP à 2 % par an qui circulent. Ces mesures relèvent d'amendements ou de propositions dans le cadre des débats budgétaires, et aucune source officielle ne confirme leur entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Ne réorganisez pas votre stratégie sur une rumeur d'amendement : suivez le texte voté, pas le brouillon.

LMNP micro-BIC et meublés de tourisme : le vrai durcissement de 2026

Si vous cherchez où la fiscalité s'est réellement alourdie, regardez du côté des meublés de tourisme non classés. La loi dite « anti-Airbnb » a serré la vis sur le LMNP micro-BIC : pour les meublés de tourisme non classés, l'abattement forfaitaire est abaissé à 30 % et le plafond de recettes à 15 000 €, à compter des revenus 2025 déclarés en 2026.

Traduction pratique : si vous exploitiez un bien en courte durée non classé sous micro-BIC avec un abattement confortable, le rabot est net. Au-delà de 15 000 € de recettes ou d'un abattement rogné, le régime réel — avec amortissement — redevient souvent le calcul le plus pertinent. C'est exactement le genre d'arbitrage qui ne se voit qu'en comparant les deux régimes chiffres en main, pas en suivant le réflexe « micro-BIC parce que c'est plus simple ».

Pour la mécanique déclarative de vos revenus locatifs et le choix du bon formulaire, notre guide sur la déclaration des revenus fonciers pose les bases, même si le meublé relève des BIC et non des revenus fonciers classiques.

Prélèvements sociaux et cash-flow net : le facteur qu'on oublie

Autre évolution à intégrer dans votre fiscalité LMNP 2026 : le taux global de prélèvements sociaux sur certains revenus du capital est relevé à 18,6 % à compter de 2026 dans les textes fournis. Ce n'est pas une suppression d'amortissement, mais c'est un facteur direct de baisse du cash-flow net sur vos revenus BIC meublés.

Le piège, c'est de raisonner en silos. Vous regardez l'amortissement d'un côté, les prélèvements sociaux de l'autre, la plus-value ailleurs — et vous ne voyez jamais la somme. Un bien peut afficher un beau loyer brut et un rendement net-net qui s'effrite dès qu'on empile impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et rattrapage de plus-value à la sortie. C'est précisément ce que WEXEOR calcule en continu : le rendement net-net après impôt de chaque bien, pas la moyenne floue de votre parc. Et quand un régime cesse d'être le plus avantageux — micro-BIC devenu perdant, réel plus pertinent — vous recevez une alerte plutôt que de le découvrir douze mois trop tard.

Je ne vous donnerai pas de « surcoût moyen » chiffré lié à une prétendue suppression : aucune source officielle ne valide un tel barème, et vous balancer une statistique inventée serait exactement le contraire de la lucidité qu'on vous doit.

Faut-il vendre avant, arbitrer, ou ne rien faire ?

La question qui brûle les lèvres : dois-je vendre avant que ça empire ? Trois cas de figure, sans conseil personnalisé, juste des repères de décision.

  • Détention longue, forte plus-value latente : les abattements pour durée de détention continuent de jouer en votre faveur. Vendre dans la panique pour « échapper » à une réforme déjà en vigueur n'a pas de sens — la cession est justement le moment où la réintégration s'applique.
  • Meublé de tourisme non classé sous micro-BIC : c'est là qu'il faut recalculer. Le passage au réel, le classement du meublé, ou une révision du montage peuvent changer l'équation. Regardez le calcul, pas l'habitude.
  • Parc mixte immobilier + bourse + crypto : l'arbitrage « rembourser, racheter ou placer ailleurs » ne se tranche qu'avec une vue consolidée. Un euro qui rapporte 3,5 % net après impôt sur un meublé lourdement fiscalisé n'est pas forcément mieux placé là que sur un autre actif.

Si votre parc déborde de l'immobilier — et il déborde presque toujours, entre PEA, ETF et parfois crypto — l'enjeu n'est pas de réagir bien par bien à chaque loi de finances, mais de savoir où vous en êtes vraiment. Pour le reste de votre stratégie locative, deux sujets méritent votre attention en parallèle : le calendrier DPE et les passoires thermiques, qui peut vous forcer à des travaux amortissables, et l'encadrement des loyers dans les villes concernées, qui plafonne vos recettes indépendamment de tout ce dont on vient de parler.

Ce qu'il faut retenir pour piloter votre LMNP en 2026

Trois règles de décision à garder en tête. Un : la loi de finances 2025 (et non 2026) LMNP a introduit la réintégration des amortissements dans la plus-value pour les cessions à compter du 15 février 2025 — anticipez-la à la revente, pas à la détention. Deux : le régime LMNP et l'amortissement pendant la location existent toujours ; méfiez-vous des raccourcis « suppression ». Trois : le vrai durcissement chiffré touche le micro-BIC des meublés de tourisme et les prélèvements sociaux, deux leviers qui grignotent votre net sans qu'on parle d'amortissement.

La bonne posture n'est pas de courir après chaque annonce budgétaire. C'est d'avoir, à tout moment, le rendement net-net réel de chaque bien sous les yeux — pour décider avec des chiffres, pas avec le titre d'un article anxiogène.

FAQ — Suppression et réforme de l'amortissement LMNP en 2026

Y a-t-il vraiment une suppression de l'amortissement LMNP en 2026 ?

Non. Dans les textes officiels, il n'existe pas de suppression générale de l'amortissement LMNP au 1er janvier 2026. La réforme réellement en vigueur, issue de la loi de finances 2025, réintègre les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value lors de la revente, pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025. Vous continuez d'amortir pendant la location.

Comment se calcule la plus-value LMNP après 2026 avec la réintégration des amortissements ?

La plus-value reste la différence entre prix de vente et prix d'acquisition, mais les amortissements pratiqués pendant la location viennent désormais réduire la base d'acquisition retenue, ce qui augmente la plus-value taxable. Sur un bien amorti de 60 000 €, l'assiette imposable grimpe d'autant, avant application des abattements pour durée de détention qui continuent de jouer.

Quel est l'impact de la suppression supposée de l'amortissement LMNP sur le cash-flow net ?

Puisqu'il n'y a pas de suppression pendant la détention, votre cash-flow annuel n'est pas directement touché par cette réforme : l'effet se situe à la revente, via une plus-value plus lourde. En revanche, la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % à compter de 2026 et le durcissement du micro-BIC des meublés de tourisme peuvent, eux, réduire votre net réel.

Quel plafond et quel abattement pour le LMNP micro-BIC en 2026 ?

Pour les meublés de tourisme non classés, la loi « anti-Airbnb » abaisse l'abattement micro-BIC à 30 % et le plafond de recettes à 15 000 €, à compter des revenus 2025 déclarés en 2026. Au-delà, ou si l'abattement rogné vous désavantage, le régime réel avec amortissement redevient souvent le calcul le plus pertinent à comparer.

La plateforme pour optimiser son patrimoine locatif

Prêt à tester le cockpit des investisseurs exigeants?