Immobilier
15/7/2026

Passoire thermique et location : le calendrier DPE et ce qu'il change pour votre stratégie

Entrepreneur dans l'âme et passionné d'investissement immobilier, Jérôme a fondé Wexeor avec une conviction : les investisseurs exigeants méritent un véritable cockpit de pilotage, pas un énième tableur. Il porte la vision du produit et son exigence — transformer chaque investisseur en CEO de son patrimoine.

Illustration editoriale — DPE et passoires thermiques : calendrier et impact
En bref

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location en métropole ; suivront les F en 2028 et les E en 2034. La réforme du DPE prévue au 1er janvier 2026 (coefficient électricité abaissé de 2,3 à 1,9) fera sortir environ 850 000 logements du statut de passoire sans un mètre de laine de verre. Résultat : votre échéancier de travaux, et donc votre rendement futur, dépend d'une date de classe et d'un changement de méthode de calcul.

Un chiffre pour cadrer le sujet : environ 1,6 million de logements locatifs privés classés G sont, depuis le 1er janvier 2025, hors du marché de la location en métropole. Pas parce qu'ils sont insalubres. Parce qu'une lettre sur un diagnostic les a fait basculer du mauvais côté d'un calendrier voté en 2021.

Si vous détenez du locatif ancien, cette lettre pèse désormais autant qu'un taux de crédit ou qu'un emplacement. Voici comment le calendrier se déroule, ce que la réforme de 2026 modifie vraiment, et comment intégrer tout ça dans votre pilotage.

Le calendrier des interdictions de location, date par date

Tout découle de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui a fixé un tempo d'exclusion progressive des logements les plus énergivores. L'interdiction n'est pas une amende immédiate : elle joue au moment de la signature d'un nouveau bail ou de son renouvellement. Un bail en cours n'est pas rompu du jour au lendemain.

Métropole

  • 1er janvier 2023 : interdiction des « super-passoires » (classe G+, consommation supérieure ou égale à 450 kWhEP/m².an).
  • 1er janvier 2025 : interdiction de la classe G. Environ 1,6 million de logements locatifs privés concernés.
  • 1er janvier 2028 : interdiction de la classe F. Environ 3,6 millions de logements potentiellement visés.
  • 1er janvier 2034 : interdiction de la classe E. Le gros du bataillon, avec environ 3,9 millions de logements dans le viseur.

Outre-mer (DROM)

Le calendrier est décalé pour tenir compte des spécificités climatiques : classe G interdite au 1er janvier 2028, classe F au 1er janvier 2031, classe E alignée sur la métropole au 1er janvier 2034.

Deux rappels sur les seuils. Un logement bascule en classe G au-delà de 420 kWhEP/m².an (ou au-delà de 100 kg CO₂/m².an), et en classe F entre 331 et 420 kWh/m²/an. À ces bornes se joue votre capacité à louer. Une différence de quelques kWh peut valoir plusieurs années de sursis — ou l'inverse.

La réforme du DPE de 2026 : le coup de pouce qui change la donne

Voici la partie que beaucoup de propriétaires n'ont pas encore intégrée. Au 1er janvier 2026, la méthode de calcul du DPE évolue : le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9.

Traduction concrète. L'électricité consommée par un logement chauffé à l'électrique sera « comptée » moins lourdement. Mécaniquement, sans le moindre travaux, une part des logements électriques gagne une classe. Environ 850 000 logements devraient ainsi sortir du statut de passoire thermique.

C'est une bonne nouvelle si vous détenez un studio parisien tout-électrique classé F. C'en est une moins bonne si vous vous apprêtiez à revendre à décote un bien qui, en réalité, va se reclasser tout seul. La question n'est plus seulement « quelle est ma classe aujourd'hui ? » mais « quelle sera ma classe après recalcul, et à quelle date faut-il refaire le diagnostic ? ».

Un point de vigilance : ce reclassement administratif ne rend pas le logement plus confortable ni moins cher à chauffer pour le locataire. Il repousse l'échéance réglementaire, pas la facture énergétique réelle. Ne confondez pas les deux.

Ce que ça change pour votre rendement, réellement

La tentation classique consiste à ne regarder que le rendement brut affiché à l'achat. Une passoire décotée peut sembler généreuse : prix bas, loyer correct, ratio flatteur. Sauf que le calendrier transforme cette décote en dette latente.

Prenons un ordre de grandeur. Un T3 en classe F acheté 150 000 € que vous louez 700 €/mois. Sur le papier, la rentabilité brute tourne autour de 5,6 %. Mais l'échéance de 2028 impose une rénovation avant remise en location. Si le passage en classe D ou E réclame 25 000 à 40 000 € d'isolation, ventilation et changement de chauffage, le calcul se déplace : votre rendement net-net dépend désormais de la date à laquelle vous engagez ces travaux et du financement que vous mobilisez.

Trois trajectoires possibles :

  • Rénover : vous mobilisez les aides existantes, vous sécurisez le bail après travaux et vous relouez sans contrainte. Coût immédiat, valeur patrimoniale préservée.
  • Attendre le recalcul 2026 : pertinent uniquement si votre bien est électrique et proche de la borne supérieure. À vérifier avec un nouveau diagnostic, pas à supposer.
  • Arbitrer : revendre avant que la contrainte ne pèse sur le prix, ou basculer vers un usage non soumis à l'interdiction. Décision froide, pas émotionnelle.

Le crédit entre aussi dans l'équation. Les banques intègrent de plus en plus la classe énergétique dans l'analyse d'un dossier locatif, et le coût de financement d'une rénovation lourde peut peser sur votre capacité d'endettement globale. Un parc de trois ou quatre lots dont deux passent en obligation de travaux la même année, ça se pilote — ça ne se subit pas.

C'est précisément là qu'une vue consolidée aide. Sur votre tableau de bord WEXEOR, chaque bien porte sa classe DPE et son échéance réglementaire à côté de son cash-flow, et une alerte se déclenche quand une contrainte de location approche. Vous voyez d'un coup d'œil quel lot devient un point de tension budgétaire en 2028, et lequel peut attendre 2034.

Vente, audit et obligations connexes

L'interdiction de location n'est pas la seule contrainte réglementaire. Depuis le 1er avril 2023, un audit énergétique est obligatoire avant la vente d'un logement classé F ou G en monopropriété. Ce document, plus complet que le DPE, chiffre les scénarios de travaux et devient un argument de négociation entre vous et l'acheteur.

Autrement dit, une passoire ne pénalise pas seulement vos loyers : elle pèse sur la valeur de revente et sur la fluidité de la transaction. Un acheteur informé du calendrier de 2028 ou 2034 négociera à la baisse en anticipant les travaux qu'il devra financer. La décote énergétique est déjà dans les têtes.

Comment décider : la règle simple

Avant tout arbitrage, posez trois questions dans l'ordre. Quelle est la classe réelle du bien, diagnostic à l'appui et non de mémoire ? Le logement est-il électrique et susceptible de se reclasser au 1er janvier 2026 ? Et quelle est l'échéance qui me concerne — 2025, 2028 ou 2034 — au regard de la date de mon prochain renouvellement de bail ?

Une passoire n'est pas condamnée. Elle est datée. La différence entre un investisseur qui subit le calendrier et un investisseur qui l'exploite tient à une chose : avoir refait le diagnostic au bon moment et budgété les travaux avant qu'ils ne deviennent urgents. Si vous détenez du locatif ancien, planifiez dès maintenant un nouveau DPE post-2026 sur vos biens électriques, et inscrivez chaque échéance d'interdiction dans votre plan de trésorerie. Le reste, c'est de l'arbitrage — et l'arbitrage se fait mieux à froid.

Questions fréquentes

Puis-je encore louer mon logement classé G en 2025 ?

Non pour un nouveau bail ou un renouvellement en métropole : l'interdiction de la classe G s'applique depuis le 1er janvier 2025. En revanche, un bail déjà en cours n'est pas interrompu de force : l'interdiction joue au moment du renouvellement ou de la signature d'un nouveau contrat. En outre-mer, la classe G n'est interdite qu'à partir du 1er janvier 2028.

La réforme du DPE de 2026 va-t-elle sortir mon bien du statut de passoire ?

Peut-être, si votre logement est chauffé à l'électricité. Au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui allège la note énergétique des logements électriques. Environ 850 000 logements devraient ainsi quitter les classes F et G sans travaux. Mais ce reclassement dépend de votre situation précise : refaites un diagnostic pour le vérifier, ne le supposez pas.

Quand la classe F sera-t-elle interdite à la location ?

Au 1er janvier 2028 en métropole, et au 1er janvier 2031 en outre-mer. Environ 3,6 millions de logements locatifs privés sont potentiellement concernés. La classe E suivra au 1er janvier 2034, partout.

Un audit énergétique est-il obligatoire pour vendre une passoire ?

Oui. Depuis le 1er avril 2023, la vente d'un logement classé F ou G en monopropriété impose un audit énergétique, plus détaillé que le DPE. Il présente des scénarios de travaux et sert souvent de base à la négociation du prix.

Quel est le seuil de consommation d'une passoire thermique ?

Un logement bascule en classe G au-delà de 420 kWhEP/m².an, ou au-delà de 100 kg CO₂/m².an. La classe F correspond à une consommation comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an. Les « super-passoires » (G+, au moins 450 kWhEP/m².an) sont interdites à la location depuis le 1er janvier 2023.

Comment intégrer le calendrier DPE dans le suivi de mon parc ?

En rattachant à chaque bien sa classe énergétique, son échéance d'interdiction et son cash-flow. Une vue consolidée permet de repérer les lots qui deviendront un point de tension la même année et de séquencer les travaux. C'est le principe d'un tableau de bord comme WEXEOR, qui signale l'approche d'une contrainte de location avant qu'elle ne s'impose à vous.

Le média

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